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COMPLÉMENT D'ENQUÊTE

La vision négative des français

“ Pourquoi l’image des établissements s’est-elle dégradée ces dernières années dans l’opinion publique, alors que leur qualité n’a cessé de s’élever, et ce quel que soit leur statut ? ”

 

Nous pensons que cela vient de plusieurs points :

 

La maltraitance est le premier sujet qui revient dans les esprits de tous et aussi l’axe principal autour duquel se fait une grande part de la communication des médias. Deux, trois, quatre actes de maltraitance avérée sur des personnes âgées, pour des centaines de milliers gardées, c’est toujours trop mais c’est peu. Nous ne sommes pas dupes pour autant (comme beaucoup) sur la réalité, ayant été nous-mêmes témoins d’actes peu glorieux sur un proche dans un hôpital parisien. Nous avons pu aussi nous rendre compte du traitement de la plainte qui s’est ensuivie. Si la personne fut changée immédiatement de service, aucune réponse ni justification ne nous furent apportées par le responsable de l’établissement. Le fait de vouloir en partie étouffer des agissements nuisibles à la bonne image d’un établissement est une de leurs plus grandes erreurs.

 

Aucun établissement public, privé ou associatif n’est à l’ abri, et cela, le public le sait. Ce qu’il demande, c’est de la transparence et que les responsables (quels qu’ils soient) de comportements inacceptables (humiliation, excès de zèle, tutoiement, autoritarisme, intimidation physique ou psychique) soient sanctionnés et licenciés.

 

Plus de transparence ferait plus de bien que de mal, et permettrait au public d’avoir une autre image des établissements. Pour finir, il est important de préciser que les deux tiers des cas de maltraitance ont lieu à domicile, et non en structures.

 

Si généralement la maltraitance dans les établissements est rare, l’absence de bientraitance est, elle, beaucoup plus répandue. Elle est souvent due à un manque d’effectifs, à de la négligence ou à une mauvaise formation. Une tâche mal effectuée entraîne souvent des conséquences importantes et des charges de travail supplémentaires pour l’ensemble du personnel. Exemple : une personne mal positionnée qui prend des escarres va générer plus de soins et plus d’attention, alors qu’au départ cela ne demande que quelques gestes.

 

Concernant les structures, il reste encore des points noirs, nous l’avons développé plus haut : les USLD (trop souvent vétustes et déshumanisées), entre autres, qui peuvent s’apparenter aux nouveaux mouroirs modernes dans lesquels de nombreuses personnes finissent leurs jours, ainsi que les Petites Unités de Vie, peu fonctionnelles et aux tarifs prohibitifs.

 

La remise en cause d’un système, dans des ouvrages argumentés, écrits par des professionnels compétents, il y a une quinzaine d’années (mais qui serait à réviser, le temps passe vite), a laissé place à un ensemble de livres témoignages ou à des reportages chocs, basés sur des dénonciations non représentatifs de l’ensemble. Pour les auteurs de pamphlets, c’est une reconnaissance médiatique immédiate qui permet de passer de l’ombre à la lumière et de se retrouver dans un fauteuil chez Ardisson sans que l’on sache vraiment si le calvaire était celui des résidents ou celui de l’auteur et quel était le lieu où toutes les misères rapportées se sont passées. Nous partageons, comme les autres, le rejet d’actes intolérables ou graves dans les établissements, mais considérons que, s’ils sont commis, ce n’est pas deux ans après qu’il faut les révéler dans un ouvrage, mais bel et bien instantanément qu’ils doivent être dénoncés aux organismes compétents.

 

Afin d’obtenir davantage des autorités et faire pression, certains communicants du secteur surfent sur ce type d’idées ou d’événements et les généralisent. Cela n’a eu comme effet que d’accroître la réserve, voire le ressentiment envers les établissements d’une grande majorité de Français. L’image est faussée car, si tout n’est pas parfait, on en est loin, ce n’est pas le reflet du travail de qualité accompli ces dernières années par l’ensemble du secteur.

 

Le coût de l’hébergement en structures s’est envolé. Cela est dû en partie par la transformation des maisons de retraite en Ehpad et par les obligations de mise aux normes après avoir signé la convention tripartite avec les autorités (ARS et conseil général).

 

  • Pour un Ehpad, c’est simple, entre une structure vétuste de trente ou quarante ans et un bâtiment neuf aux normes, c’est un coût supérieur pour le résident de 8 à 15 € de plus par jour, réparti progressivement sur deux ou trois ans. Pour les établissements ayant des coûts d’hébergement peu élevés, le délai d’attente est interminable.
  • Pour les PUV, le rapport qualité/prix est très souvent totalement décalé, voire prohibitif.
  • Pour les groupes privés, leur recherche de conditions haut de gamme et leur implantation urbaine donnent une tarification inaccessible à beaucoup ou représentent un effort financier énorme pour d’autres.

 

Le reste à charge pour un résident ou une famille s’est accru au point d’en être insupportable pour beaucoup. La retraite moyenne d’un Français est de 1.200 €, le coût d’un séjour en Ehpad est au minimum de 1.500 €, mais plus souvent proche des 1.800 ou 2.200 €. Pour les structures privées de luxe, c’est entre 2.200 et 3.000 €.

 

Le rapport Gisserot, avec la courbe en U, fait apparaître ce qu’il est très facile de constater concernant l’inégalité des prises en charge. Les Français les plus modestes sont pris en charge à 100 % et peuvent très bien se retrouver dans les plus beaux établissements publics. Les Français les plus aisés paient énormément (séjour élevé et APA non pris en charge), mais bénéficient des aides fiscales. Reste alors la grande majorité des Français (dits moyens), contraints à des efforts financiers importants et avec comme résultat la fonte de leur patrimoine et de leur transmission successorale.

 

Souvent, le fait de ne pas vouloir garder un résident pour cause de dépendance est interprété comme un rejet ou assimilé comme tel, alors qu’il n’est simplement, de la part du responsable d’établissement, qu’une recherche de solution plus adaptée à la nouvelle perte d’autonomie.

 

 

David Jacquet - Maison de Retraite Sélection, directeur et fondateur.

Les écarts entre départements

“ Chaque commune importante de notre pays a bâti son église, puis sa mairie et son école ; aujourd’hui, elle possède ou construit aussi sa maison de retraite. Est-ce le travail du temps ou dans l’air du temps ? ”

 

Peu importe, c’est une réalité due à l’évolution croissante de l’espérance de vie. Des besoins toujours plus importants, des implantations toujours plus nombreuses, avec une autre réalité plus économique, celle-là : une maison de retraite neuve de 80 lits, c’est aussi 55 emplois.

 

Oui, il existe une grande disparité entre les départements, qui est souvent flagrante quand ils sont limitrophes. Cela tient à leurs moyens, à leur histoire ou à leur volonté politique.

 

Les moyens : une fois de plus, le financement est une des raisons essentielles à la qualité d’un parc. Réhabiliter ou construire de nouveaux établissements passe par l’agrément des conseils généraux, qui ne disposent pas toujours des mêmes ressources. Certains vont hisser leurs aides ou participations à hauteur de 40 % (Corrèze), et d’autres à moins de 5 % (Creuse). Les difficultés d’un grand nombre d’entre eux sont connues de tous.

 

L’histoire : certains départements (Vendée) ont, par le passé, souhaité privilégier les logements foyers et se retrouvent contraints de les transformer en Ehpad, avec toute la difficulté des mises aux normes que cela entraîne.

 

La volonté politique : d’autres (Landes, Tarn-et-Garonne, Creuse), pour des raisons idéologiques, n’acceptent pas de sociétés privées dans un secteur qu’ils considèrent devoir être tenu soit par le public, soit par des associations. Il faut reconnaître que le tarif moyen d’hébergement dans ces départements est très peu élevé, ce qui peut être dû aux prestations hôtelières ordinaires et à des équipes pluridisciplinaires peu conséquentes (nombreux intervenants extérieurs pris en charge par l’Assurance-maladie).

 

Un déséquilibre se profile à l’horizon. Il concerne l’attrait des côtes du littoral et du soleil, où nombreux sont ceux qui aujourd’hui viennent vivre leur retraite. Les départements concernés vont devoir faire face à une recrudescence de personnes dépendantes et à un financement de l’APA très important dans le futur. Un rééquilibrage à très court terme devra être envisagé.

 

Pour en finir avec les décalages, certains nous paraissent sans explication. A titre d’exemple, la Seine-et-Marne (77) est l’un des départements où le coût de séjour est le plus élevé de France, tout en étant situé à 80 km de Paris. Le comble étant que l’établissement (maison de retraite de Saint-Séverin, 77570) qui présente les meilleures prestations est presque celui qui propose les tarifs les moins élevés.

 

 

David Jacquet - Maison de Retraite Sélection, directeur et fondateur.

L’Humanitude

“ Un ensemble de particularités qui permettent à un homme de se reconnaître dans son espèce et de reconnaître un autre homme comme faisant partie de l’humanité. ”

 

Cette méthode de soins conceptualisée par Yves Gineste Rosette Marescotti s’adresse aux personnes Alzheimer ou assimilées présentant des troubles d’agitation ou de désorientation. Elle est basée sur un ensemble de particularités qui permettent à un homme de se reconnaître dans son espèce et de reconnaître un autre homme comme faisant partie de l’humanité. Cela passe par le regard, la parole, le toucher… et la verticalité.

 

Ses résultats annoncent jusqu’à 90 % de la disparition des comportements d’agitation pathologique et les régressions des états douloureux. L’objectif, ambitieux, est de permettre aux malades de « vivre et mourir debout », et non grabataires.

 

Cette méthode est donc proposée sous forme de stage au personnel d’établissements. Les responsables d’établissements avec lesquels nous en avons parlé en sont pour la plupart satisfait, ce qui est souhaitable vu le coût de formation. Cela fait d’ailleurs sourire certains professionnels qui pensent qu’une méthode similaire, mais non labellisée, devrait être donnée à l’ensemble des personnes travaillant avec les personnes âgées.

 

La méthode ne doit pas non plus être un substitut ou un argument commercial, et doit s’accompagner d’une équipe pluridisciplinaire complète, ce qui n’est pas toujours le cas.

 

Une autre méthode nommée Carpediem, d’origine canadienne, basée sur une grande liberté de vie est à l’essai dans l’Ehpad La Tour de Vigenna dans la Vienne. Chaque résident peut se lever et manger à l’heure qu’il désire et disposer de son propre mode de vie. Nous n’avons pas assez de retour et de recule pour savoir si elle peut s’inscrire dans la durée comme une avancée ou une nouvelle forme d’accompagnement.

 

 

David Jacquet - Maison de Retraite Sélection, directeur et fondateur.

Les associations de familles

“ Sûrement trop nombreuses et sans grand pouvoir, les associations de familles sont néanmoins légitimes et indispensables. ”

 

Certaines sont responsables. Heureusement les plus importantes, elles mènent un combat pour l’amélioration des conditions d’accueil, de soins et d’accompagnement dans les établissements ainsi que pour une meilleure prise en charge par l’Etat.

 

D’autres, dirigées par des intégristes adeptes du « tous pourris », vivent mal le peu d’intérêt qui leur est porté. Elles n’ont de cesse de noircir le tableau, et leur raison d’exister ne tient que dans les plaintes déposées par les familles à l’encontre d’établissements. Chaque dossier est comme un os à ronger. Les plaintes ne sont pas toujours des procès et encore moins des procès gagnés.

 

La garde des personnes âgées (comme celle des enfants, d’ailleurs) étant très sensible aux yeux des familles, elle génère de nombreux conflits ou ressentiments (le manque de personnel, les toilettes des résidents pas assez régulières, l’entretien et l’hygiène des lieux, la cuisine de mauvaise qualité, les animations rares, etc.). Le système actuel, avec le conseil de vie social (représentant du personnel, des résidents, des familles et de la direction), permet d’apaiser de nombreux problèmes et favorise l’écoute entre les parties.

 

Si tout le monde joue le jeu, c’est parfait, sinon, tout devient plus compliqué. Les doléances seront inscrites sur le cahier comme une main courante, les conseils de vie se suivront, se ressembleront, mais comme aucun moyen de pression ou d’autorité n’existe pour ce type de revendications, qui sont pourtant les plus fréquentes, elles resteront sans suite. Se tourner vers les associations de parents reste alors une solution, sans garantie de succès. Pour les fautes plus graves, médias et organismes d’Etat sont vite réceptifs.

 

 

David Jacquet - Maison de Retraite Sélection, directeur et fondateur.

Les nouveaux Ehpad

De quoi se composent-ils ?

 

La tendance actuelle est, pour des raisons de surfaces et de coûts, de les implanter dans des zones périphériques, ce qui a comme inconvénient de couper les plus valides de la vie sociale de la commune. La nouvelle dépendance exclut néanmoins un grand nombre de résidents des sorties extérieures.

 

L’environnement est très souvent verdoyant, avec de grands jardins ou parcs aménagés. Ils ne garantissent pas les promenades pour autant, mais les permettent.

 

Les nouveaux bâtiments sont souvent de plain-pied (surtout en zone rurale), pour des questions de fonctionnalité. Evitant ainsi escaliers et ascenseurs. Pour les structures de petite capacité, cela est parfait, pour celles dépassant les 80 lits, l’inconvénient est d’étendre les distances. Il faut alors une zone centrale concentrant les lieux de vie, d’où partent les différentes unités (généralement en étoile).

 

Pour humaniser les structures, tout en gardant un nombre de résidents suffisant (80 lits) afin de réaliser une économie d’échelle, elles sont décomposées en unités de 12 à 15 chambres individuelles. Elles sont plus intimes et plus autonomes. Cela permet aussi de les classifier par les différents types de pathologies. Toutes les nouvelles structures comptent aujourd’hui une ou deux unités protégées pour les personnes Alzheimer ou désorientées. A noter que les dernières Unités d ‘Hébergement Renforcé voulues par le gouvernement ont des normes supérieures.

 

Les chambres sont aujourd’hui essentiellement individuelles, même si des chambres doubles sont proposées aux couples. Leur surface varie de 20 m² à 25 m² pour les plus grandes. Elles sont toutes équipées de douche privative, de placards et, pour les plus récentes, de télécommandes au lit, de l’accessibilité des ouvrants et d’un écran plasma. La qualité du mobilier variant selon les établissements.

 

L’aménagement intérieur, qui privilégie aujourd’hui l’intimité, est composé de nombreux salons bien répartis et d’une multitude de lieux de vie potentiels (climatisés). Rares cependant sont ceux les possédant intégralement.

  • Salle de restaurant, bar, salons divers, petite boutique.
  • Salles d’animations, de spectacles, home cinéma, lieu de culte.
  • Salons de coiffure, d’esthétisme, de bien-être, espace Snœzelen (multisensoriel).
  • Jardin thérapeutique, jardin sécurisé, terrasse, cuisine thérapeutique.
  • Balnéothérapie, salles de kinésithérapie ou d’ergothérapie, circuit de déambulation.

 

Au cœur des établissements, ils sont souvent disposés sous forme de place de village ou de rues passantes avec commerces et services. Si l’obligation est faite d’avoir un lieu de vie minimum climatisé, certains les ont tous, et d’autres climatisent aussi les chambres.

 

La décoration intérieure n’est pas une obligation, le confort si, mais il faut reconnaître que de très grands efforts sont réalisés dans les Ehpad pour présenter le meilleur standing possible. Le mobilier est soigné, les couleurs chaudes, les atmosphères travaillées, afin d’apporter aux résidents ce que certains appellent déjà la « bientraitance architecturale ».

 

La recherche de la lumière dans les établissements est aussi essentielle (important pour les personnes désorientées). De grandes baies vitrées font profiter soit de la vie extérieure dans les zones urbaines, soit d’un décor naturel dans les zones rurales, tout en restant protégé.

 

Dernier point, sur lequel les avancées sont significatives mais pas encore généralisées : la domotique. Certes, la signalétique, les rampes de couloir, les couleurs des étages, l’éclairage, les télécommandes du lit, l’accessibilité des ouvrants font partie des normes aujourd’hui, et nombreux sont ceux qui les proposent, cependant, l’automatisation de certaines ouvertures et la généralisation des services sur une seule commande restent à faire.

 

Les derniers établissements s’inscrivent généralement dans une démarche moderne en matière d’éco-conception architecturale, tendant à limiter les impacts d’une construction sur l’environnement. Il respect ainsi les normes Haute Qualité Environnementale.

 

L’inconvénient des normes.

 

Bien entendu, les multiples normes ont de nombreux avantages et ont apporté énormément de positif pour le confort, l’hygiène et la fonctionnalité des structures, aussi bien pour les résidents que pour le personnel. Néanmoins, elles présentent deux inconvénients majeurs :

 

Le premier est de brider bien souvent l’imagination des architectes et la créativité des bâtiments (même si certains diront que cela évite aussi les projets délirants). Rien n’est plus frustrant que de voir un bâtiment neuf sans âme, car, à l’inverse d’une structure vieillissante, lui restera trente ans au minimum.

 

Le second est de générer des coûts d’hébergement toujours plus élevés pour les résidents. A titre d’exemple, une maison de retraite vétuste dont la reconstruction est en cours depuis 2003 est aujourd’hui bloquée par les résidents eux-mêmes. Le prix exorbitant de sa réalisation apporterait une augmentation de 60 % du prix de l’hébergement (de 50 € à 80 €) en deux ans. Autre exemple, celui des Cantou, passés Unités Protégées pour être aujourd’hui Unités d’Hébergement Renforcé avec des obligations toujours plus exigeantes.

 

Aujourd’hui le coût d’un Ehpad neuf se chiffre entre 100.000 € et 150.000 € la chambre, selon qu’il soit urbain, rural, privé ou public. Quel que soit son statut, public, associatif ou privé, entre une structure vétuste de trente ou quarante ans et une structure de la dernière génération, le coût d’hébergement se verra augmenter de 10 à 15 € par jour.

 

Le grand décalage

 

Certaines structures architecturales high-tech, avec un intérieur raffiné à l’extrême et un confort maximal, posent aussi la question du décalage entre le lieu et le résident actuel. Pourquoi un verre à pied sur une double nappe, dans une salle de restaurant digne des plus belles brasseries parisiennes ? Pourquoi de multiples écrans plasma aux murs pour des résidents qui dorment devant ? Pourquoi des parcs ou des jardins immenses alors qu’un très grand nombre ne dépasse pas le seuil de la terrasse ? Pourquoi des espaces bien-être ou balnéo alors que la presque totalité n’a jamais connu un soin corporel de sa vie ? Pourquoi ? Pourquoi ? A ces questions qui divisent même les familles, nous avons pris le parti de les défendre, et voilà pourquoi :

 

Nombreux sont les résidents actuels pour qui le changement d’une résidence vétuste à un nouveau bâtiment n’apporte aucune satisfaction particulière. Premièrement parce que certains sont trop dépendants pour en jouir, deuxièmement parce que d’autres font partie d’une génération qui n’a jamais connu un tel luxe ou confort. Mais les générations futures, plus hédonistes, pour qui sont dressés ces établissements en profiteront davantage.

 

Si, pour les résidents actuels, l’opinion est partagée, le personnel, lui, est gagnant : il voit son cadre et ses conditions de travail changer et facilitées par la fonctionnalité des lieux. C’est plaisant et valorisant à la fois.

 

Dernier point, et non des moindres : un lieu de qualité peut apaiser ou déculpabiliser le sentiment de placement d’un proche par la famille dans un établissement. «Je l’aime, donc je souhaite le meilleur pour lui.»

 

Les lacunes des structures publiques

 

Comme nous l’avons écrit précédemment, l’hébergement a subi, ces dernières années, une évolution très positive, et, quel que soit leur statut, les établissements publics ne dérogent pas à la règle, mais ils nous paraissent présenter deux lacunes essentielles :

 

La première est la grande difficulté qu’ils ont à humaniser leurs bâtiments, alors que ceux-ci disposent généralement de tout, technologie, lieux de vie et normes à leur création. C’est un point qui touche plus les hospitalières que les autonomes, mais il y a bien sûr des exceptions qui montrent que, avec un peu de réflexion et pas forcément plus de moyens, il est possible de réaliser de très beaux projets.

 

Pour exemples, parmi d’autres :

 

EHPAD TY MEM BRO 56580

 

LE HAMEAU DE LA PELOU 33670

 

RESIDENCE PROSPER-MATHIEU 84230

 

RESIDENCE AUGUSTA BESSON 30330, qui est sûrement, à nos yeux, le plus réussi de tous, avec une capacité raisonnable de 50 résidents et la restitution de l’habitat local avec l’esprit de village provençal. Cette résidence est une structure satellite du CENTRE HOSPITALIER DE PONT-SAINT-ESPRIT 30134, qui lui-même est neuf et, malgré la grande qualité de son hébergement et de ses soins, présente en partie la lacune que nous dénonçons.

 

La seconde concerne l’absence dans leur budget annuel d’une ligne de crédit destinée à l’entretien des lieux. On ne parle pas ici des petits soucis dont les hommes d’entretien se chargent. Non, un établissement se détériore très vite avec l’usage, et il est vraiment dommage de voir de superbes réalisations ne recevoir qu’un coup de peinture, cinq ou dix ans après sa livraison.

 

Pour exemple : lors de notre visite, en 2007, de l’Ehpad de Langon, public et de qualité, nous constatons une fuite d’eau au plafond. Deux ans plus tard, nouvelle visite. La fuite est stoppée, mais le plafond n’a toujours pas été remis en place.

 

Nous pourrions vous décrire d’autres exemples, où un simple rail de bois au sol éviterait aux roues des résidents de détruire les murs, où l’on condamne une salle car sa porte ne fonctionne plus, où les jardins ne sont jamais entretenus, etc.

 

 

David Jacquet - Maison de Retraite Sélection, directeur et fondateur.

L’or gris ou le combat idéologique

“ Le choix du très haut de gamme pris ces dernières années par les groupes privés afin de se démarquer a impliqué une tarification au même niveau. Cela a fait apparaître dans la société un nouveau combat idéologique et le fameux slogan les profiteurs de l’or gris. ”

 

 

Qu’en est-il réellement ?

 

D’abord, le privé commercial ne représente actuellement, et malgré les nombreuses ouvertures des cinq dernières années, que moins de 20 % du parc des établissements.

 

La rentabilité n’est pas toujours exceptionnelle, voire très loin des rendements souhaités par les investisseurs. A titre d’exemple, des groupes comme Domusvi ou Korian, parmi les plus importants de France, ne distribuent qu’un coupon de moins 2 % par an à leurs actionnaires (investissements obligent).

 

Au risque de faire bondir certains, les tarifs proposés dans certains établissements ne se révèlent absolument pas élevés pour la qualité d’hôtellerie offerte. Il suffit pour cela de comparer n’importe quel hôtel proche géographiquement pour s’en rendre compte.

 

Le choix de stratégie du haut de gamme qui implique de hauts tarifs est un risque, même si les besoins de structures sont présents. Les groupes sont des investisseurs et les assument, il n’y a rien à redire à cela. Si le taux d’occupation de leurs établissements chute, ils devront le revoir. Certains s’y sont déjà penchés…

 

 

Que peut-on leur reprocher ?

 

Si nous n’avons rien à dire sur la stratégie prise par les groupe privés, nous pensons néanmoins que l’erreur commise est d’avoir construit ces dernières années uniquement du haut de gamme à tarif élevé. En effet, le segment potentiel représentant des familles pouvant payer entre 75 € et 120 € par jour est atteint ou progresse moins rapidement que le nombre de lits sortant de terre. Cela est regrettable, d’autant plus qu’aujourd’hui le temps de remplissage s’est allongé et que les besoins sont ailleurs. Faire du haut standing pour marger plus n’est rentable que si le taux d’occupation est plein ; dans le cas contraire, tout le monde est perdant.

 

Une gamme d’établissements entre 55 € et 70 € complémentaire aurait sûrement été plus adaptée au marché. C’est d’ailleurs là que se trouvent les établissements associatifs ou mutualistes, même si les conditions d’acquisitions foncières et l’obligation de résultats ne sont pas équivalentes. Les besoins et les capacités des Français se situent sûrement plus à ce niveau.

 

La recherche du luxe ou du très haut standing dans un établissement ou les résidents seront de plus en plus dépendants a-t-elle un sens? Nous pensons que oui si le rapport qualité/prix est justifié, mais c’est un sentiment qui n’est pas toujours partagé.

 

Un reproche que l’on peut faire aussi aux groupes privés est le rapport qualité/prix. Dans un ensemble de structures, construites ou acquises, certaines n’ont ni le standing ni le luxe pour prétendre à un tarif presque similaire aux plus beaux fleurons des groupes, ce qui est pourtant le cas.

 

 

David Jacquet - Maison de Retraite Sélection, directeur et fondateur.

Le personnel, ses vertus et ses motivations

“ Rien n’est plus insupportable que de voir jeter l’opprobre sur tout un secteur et les personnes qui y travaillent dès qu’un dérapage est dénoncé (à juste titre) dans les médias. C’est injuste et réducteur. ”

 

 

La grande majorité des établissements disposent d’un encadrement responsable et intègre, fait de personnes soignantes et non maltraitantes, et ce quelle que soit la qualité de l’hébergement. Cependant, on est dans l’humain, et les rapports avec les résidents ou les familles sont souvent tendus.

 

Des familles considèrent qu’en payant très cher le séjour, et quels que soient les revenus, cela leur donne tous les droits. Non, juste des droits… Ce qu’elles ne comprennent pas toujours, de même que certaines associations.

 

Une maison de retraite est aussi une collectivité qui génère des tensions. Les personnes âgées sont fragiles et pas toujours faciles. Gérer l’ensemble n’est pas simple, cela demande du dévouement, de la disponibilité, de la compréhension et de la gentillesse, même si certaines règles sont essentielles pour le bien de tous.

 

Tout secteur d’activité possède ses moutons noirs. Dans une structure étant chargée de protéger des personnes faibles, le moindre écart peut prendre beaucoup d’importance. Le pire reste les comportements inadmissibles, type « gretchen », qui heureusement sont très rares, mais ternissent l’ensemble car l’amalgame est aussitôt fait. Heureusement, la réalité n’est pas celle-là.

 

Les manques d’effectifs, les formations trop faibles et la motivation pour des salaires les plus bas, souvent montrés du doigt, sont les causes ou les excuses avancées par les uns et les autres.

 

Durant le week-end, généralement, l’effectif est réduit, et le personnel comme les résidents se sentent bien seuls. Il ne se passe rien ou peu. Doit-il être réservé aux familles ? Doit-il marquer une pause dans la semaine ? On peut se poser la question, mais les raisons sont plus pragmatiques ou économiques.

 

Le manque de moyens n’explique pas tout, et aucune certitude de qualité d’accompagnement ne serait garantie dans un établissement doté d’un ratio supérieur à la moyenne nationale de 0,65 (avancé par les autorités mais pas reconnu par tous). La maison de retraite de Saint-Jean-les-Deux-Jumeaux, dans le 77, fermée par Valérie Létard en 2008 à la suite du reportage diffusé dans le cadre de l’émission « Les Infiltrés », en est l’illustration. Dénoncée par tous, elle possédait un effectif de 70 salariés pour 91 patients, soit un ratio de 0,769.

 

Lors de nos visites, nous constatons aussi très régulièrement des différences importantes sur l’hygiène et la dynamique des établissements ayant un nombre de résidents et un effectif semblables. Nous considérons que le management est la base même d’un établissement bien tenu et vivant. Savoir impliquer et motiver le personnel est capital.

 

Si nous avons un profond respect pour la grande majorité du personnel, composé essentiellement de femmes, un peu comme dans les maternités, il nous paraît illusoire de penser que le secteur est plus stressé que n’importe quel autre. Il suffit de contourner les bâtiments, d’ouvrir les bonnes portes ou de passer les après-midi ensoleillés pour voir que les pauses cigarette, café et détente aux terrasses sont respectées. Nous n’avons rien contre, et cela ne nuit absolument pas à la bonne marche de l’établissement, mais il ne faut pas affirmer le contraire.

 

 

David Jacquet - Maison de Retraite Sélection, directeur et fondateur.

L’excellent travail des associations, des fondations et mutuelles

“ Elles ont su réhabiliter ou développer leur patrimoine avec les nouvelles normes et un standing très souvent irréprochable et suffisant. Leur implantation est généralement régionalisée. ”

 

 

Les diverses associations, fondations ou mutuelles gèrent aujourd’hui 20 % du parc français. La grande majorité fait un travail admirable sur l’hébergement comme sur l’accompagnement, tout en gardant l’objectif d’un coût de séjour abordable pour les résidents (la grande majorité est aussi habilitée à l’aide sociale).

 

Elles ont su réhabiliter ou développer leur patrimoine avec les nouvelles normes et un standing très souvent irréprochable et suffisant. Leur implantation est généralement régionalisée.

 

 

Voici une liste qui nous paraît être exemplaire :

 

 

L’ADEF (Région parisienne et Nord)

 

L’ACIS (totalité du territoire), d’inspiration chrétienne

 

L’ACPPA (Rhône-Alpes)

 

L’AIMR (Val-de-Loire)

 

Les Cités Cantaliennes de l’Automne (Auvergne)

 

Les Bruyères (Région parisienne et Sud-Est)

 

HOSPITALOR (Est)

 

L’AREFO/ARPAD (Région parisienne)

 

L’AREPA (Région parisienne), modeste mais accessible à tous

 

 

Plus inégale

 

 

La Fondation des Caisses d’Epargne (totalité du territoire) La Mutualité Française (totalité du territoire)

 

 

 

Notre modèle

 

 

S’il peut y en avoir un, la Mutuelle du Bien Vieillir (Languedoc-Roussillon et territoire national) l’est pour nous dans sa gestion d’établissements et dans la philosophie qu’elle développe. Son projet est juste, ses réalisations des réussites, et son rapport qualité/prix exceptionnel.

 

 

David Jacquet - Maison de Retraite Sélection, directeur et fondateur.

Les différentes structures et les points noirs

“ Il y a des lieux où l’on ne souhaiterait pas finir ses jours, raison de plus de ne pas y laisser un proche.Trop de personnes ne connaissant pas les différents types de structures font un amalgame rapide. ”

 

 

Voici celles qui nous inspirent du respect :

 

 

Les Ehpad (anciennement « maisons de retraite ») qui sont tous médicalisés, reçoivent souvent tous les types de pathologies, mais ne sont pas aptes à gérer les fins de vie ou les états grabataires. Ils sont les grands gagnants de ses dernières années. La signature des conventions tripartites (avec les ARS – ex-DASS – et les conseils généraux) a permis la réhabilitation, la reconstruction ou la création d’un très grand nombre d’établissements. Certes, tout n’est pas encore parfait, mais, avec les efforts de modernisation réalisés, l’hébergement a gagné en qualité et en confort. Le parc des établissements est une mosaïque inégale qui ne tient pas compte de la zone géographique (urbaine, périphérique, ou rurale) ou du statut (public 56 %, associations et mutuelles 22 %, privé commercial 22 %).

 

Les Résidences Services ne sont pas médicalisées, proportionnellement peu nombreuses et gérées essentiellement par des privés. Elles reçoivent uniquement des personnes âgées autonomes. Les logements proposés à l’achat ou à la location vont du simple studio au deux- ou trois-pièces tout équipés. Ce qui les différencie des autres structures est leur confort ou leur luxe, et ce quelle que soit l’année de leur création. Cependant, certaines constructions vieillissent plus mal que d’autres. Dans l’ensemble, leur standing est très élevé, avec des lieux de vie raffinés. Les prestations sont souvent en option et les tarifs bien plus chers que ceux des Foyers-Logements, ou Ehpa, mais ces derniers ne s’adressent pas à la même clientèle.

 

Les Marpa sont des petites unités de 18 ou 20 résidents, non médicalisées mais sécurisées. C’est un concept développé en milieu rural, par la Mutualité Sociale des Agriculteurs, depuis une vingtaine d’années. Elles sont gérées soit par les CCAS, soit par une association. Leur mode de fonctionnement est identique : généralement situées en périphérie de bourg, bâtiment de plain-pied, studios de 30-35 m² avec douche au sol et kitchenette, peu de lieux de vie, mais toujours un espace vert, sans luxe mais confortables, une sécurité 24 h/24 et une cuisine traditionnelle servie midi et soir, 7 jours sur 7. La seule variante concerne les programmes d’animations, selon la politique de la direction. Le tarif varie en pleine pension de 1.100 à 1.800 €. Toujours bien tenues et avec une ambiance conviviale, du fait de la petite capacité et des liens de voisinage, elles nous paraissent être un modèle réussi.

 

 

Celles sur lesquelles nous sommes partagés :

 

 

Les Foyer-Logements, ou Ehpa, ne reçoivent que des personnes autonomes. Ils sont gérés par le secteur public – CCAS – (75 %) et des associations à but non lucratif (25 %), avec des coûts tarifaires peu élevés. Le logement classique proposé est un studio type T1bis de 30-35 m², équipé de douche avec ou sans petit rebord, d’une kitchenette et avec ou sans balcon ou loggia. Les lieux de vie sont souvent limités à une salle de restauration et d’animations. Leur état varie selon leur réhabilitation, mais, s’ils sont souvent modestes, ils restent dignes et entretenus. Le parc est vieillissant, car leur création a commencé dans les années 50 et s’est arrêtée dans les années 80.

 

Aujourd’hui, très rares sont les créations, car le concept de logements de substitution sécurisés a vécu (jusqu’à quand ?). Nous sommes davantage dans la transformation de ces établissements en Ehpad, pour les départements, qui les avaient préconisés et où ils étaient légion (Vendée, Landes, etc.). Le transfert n’est pas simple, car ils ne sont pas toujours adaptés et les coûts de mise aux normes sont élevés.

 

Il nous faut saluer une association comme l’Arepa, qui implante et gère des établissements dans des zones urbaines difficiles, là où personne ne va, ou ne veut aller, hormis le CCAS de la commune, ce qui est tout à son honneur. L’avantage d’un Ehpa pour les résidents, c’est la liberté qu’ils gardent tout en étant surveillés ou assistés dans des tâches journalières. Ils gèrent leurs sorties, leur ménage souvent leur repas du soir, et maintiennent aussi une vie sociale de proximité. C’est une impression de vie que les résidents d’Ehpad n’ont plus, du fait de leur grande dépendance.

 

A noter aussi que, sous l’organisation du mensuel des maisons de retraite, un colloque réunissant les professionnels, les représentants de l’Etat, les communes (UNCCAS) et les conseils généraux a, semble-t-il, laissé apparaître, pour ce type de structure, un espoir, voire un vent nouveau. La question reste néanmoins de savoir combien d’entre eux sont équipés de spinnaker afin d’en profiter...

 

 

Celles pour lesquelles nous avons de grandes réserves :

 

 

Les Unités de Soins de Longue Durée, les oubliées de la réforme, sont des structures très médicalisées, gérées uniquement par des hôpitaux publics. Elles occupent très (trop) souvent des étages ou bâtiments vétustes ou délabrés, datant des années 60 ou 70. Les lieux de vie sont déshumanisés, alors quelquefois on les repeint, ce qui ne change rien de l’impression générale. Pour excuses, les responsables vous parlent de l’essentiel : les soins et l’accompagnement. Certes, nous sommes ici dans des lieux où les résidents sont généralement très dépendants ou en fin de vie, avec des équipes de soins très supérieures à celles des Ehpad, mais qu’il est triste de partir ou de voir partir un proche dans ce type de conditions...

 

Les Centres Gérontologiques s’apparentent soit à de grandes cités-dortoirs médicalisées ou à des camps militaires, au choix. Autant dire que ce n’est pas notre idéal. Certes, les plates-formes de soins sont toujours complètes, avec tous les spécialistes nécessaires que n’ont pas les autres structures, mais les lieux sont généralement si déshumanisés que l’on ne peut y adhérer. Ce concept n’est plus d’actualité, même si certains le préconisent encore, mais ceux qui existent le sont encore pour longtemps. En effet, reconstruire aux normes 400 ou 500 lits (capacité habituelle des centres) à 100.000 € le lit (minimum)… Nous vous laissons faire le calcul.

 

Les Petites Unités de Vie comprennent entre 10 et 20 lits et sont presque toujours tenues par des privés, généralement des familles ou des exploitants (le mot est choisi) d’établissements. Nos avis sont partagés, car on peut y retrouver parfois une ambiance familiale et une unité ou chaleur que l’on ne trouve pas dans les grandes structures. Cependant, leurs conditions d’hébergement sont très souvent modestes, voire sommaires, et les prestations faibles.

 

En effet, les soins sont généralement dispensés par des intervenants extérieurs (alors qu’elles perçoivent des aides), et les animations limitées ou encadrées par des non-professionnels. Le pire n’est pas là. C’est surtout le tarif auquel l’ensemble est proposé. Il est parfois sidérant, décalé et prohibitif. Leur contrôle est aussi difficile car souvent isolé et avec peu de passages (hormis des intervenants extérieurs).

 

Le dernier point est le manque d’encadrement, avec comme résultat les dérapages que l’on a connus et le coup de poing sur la table, totalement justifié, de l’ex-secrétaire d’Etat aux Anciens, Mme Nora Berra (menaçant d’en fermer 200 en 2010). Pour nous, elles sont trop nombreuses, notamment dans les Alpes-Maritimes, où elles tapissent l’arrière-pays niçois. Si certains aujourd’hui préconisent le retour des structures de 20 lits afin d’humaniser hébergement et accompagnement, c’est plus vers les structures type Marpa que le modèle serait à suivre.

 

 

David Jacquet - Maison de Retraite Sélection, directeur et fondateur.

La réforme de la dépendance sans illusion

“ La question n’est pas de savoir si les Français vont payer ou non, mais sous quelle forme ils le feront. ”

 

 

Les positions ou arguments des uns et des autres sont connus depuis fort longtemps, ils ne sont pas compatibles, mais respectables. On dit que les oppositions sont souvent fécondes, nous verrons à la fin du débat si cela se révèle exact.

 

Nous restons néanmoins sans illusion, même si nous croyons dans la réelle volonté de chacun de trouver une solution. Connaissant les exigences des uns et les moyens des autres, ce ne sont pas des mois, ni même des années de discussions qui régleront ou apporteront une solution acceptée par tous pour faire face aux besoins futurs.

 

 

« Nous considérons que, si la situation et les prises en charge actuelles ne se dégradent pas, avec le temps, cela nécessitera de la part de l’Etat et des conseils généraux un effort considérable. »

 

 

1. L’augmentation du nombre de personnes dépendantes. Plus nombreuses d’année en année, il va falloir continuer à créer de plus en plus de structures afin de les accueillir, et donc les financer en partie. Qui dit plus de structures dit implicitement plus de personnel de soins.

 

2. Devant le manque de personnel dans certains établissements et la pression permanente de la part des Fédérations, syndicats et associations, le ratio personnel/résidents moyen annoncé de 0,65 par le Ministère des Affaires Sociales va peut-être augmenter. Le comble est qu’il n’est pas jugé réel par beaucoup, car peu d’établissements s’en approchent. C’est dire la difficulté quand on sait que certains professionnels demandent son augmentation et préconisent même du 1 pour 1.

 

3. Dans les demandes ou revendications vient en première ligne la formation du personnel. Mais qui dit un personnel qualifié et des spécialistes à demeure (psychologues, psychomotriciens, ergothérapeutes, kinésithérapeutes, diététiciennes, etc.) dit automatiquement une augmentation salariale, donc de la masse salariale.

 

4. L’allongement de l’espérance de vie pourrait aussi allonger la période de dépendance (seul point qui n’est pour l’instant pas certain d’évoluer dans le futur car les placements se font de plus en plus tard).

 

5. La spécificité des tâches prônée par le droit social, qui n’est pas pour l’instant réalité, sera, une fois en place, un risque de voir encore augmenter le coût de séjour (c’est une demande légitime, mais c’est aussi une réalité économique).

 

6. Nous avons vu plus haut que la normalisation des établissements entraîne leur reconstruction ou leur réhabilitation, soit une augmentation des coûts d’hébergement de 8 à 15 € par jour.

 

 

En face de ces besoins et revendications, nous avons :

 

 

Un budget de santé avec un déficit abyssal chaque année.

 

Des conseils généraux exsangues demandant à l’Etat d’assumer une plus grande prise en charge de l’APA via la CNSA.

 

Des perspectives de dépenses toujours plus importantes, pour les raisons évoquées ci-dessus, avec le risque de voir le ticket modérateur exploser.

 

Une forte volonté des Français et des entreprises de ne pas participer au financement sous unme ou sous une autre.

 

Un risque non provisionné (à la différence des retraites, celui-ci ne l’a jamais été).

 

 

« Notre raisonnement est simple, l’équation plus compliquée. Celui ou celle qui saura la résoudre sans que les résidents ou leur famille voient leur reste à charge augmenter aura la reconnaissance de tous, et peut être même le prix Nobel d’économie. »

 

 

Rembourser quoi ?

 

 

Les politiques quoi qu’en pensent certains, ne manquent pas de volonté mais surtout de moyens, et le thème du cinquième risque dénommé (ou mal dénommé) dépendance, en est le plus bel exemple. Les gouvernements se succèdent, intégrant tous à leur programme une éventuelle solution, sans que pour l’instant, celle-ci ne sorte du chapeau. Nous ne tirerons sur personne car nous-mêmes n’avons pas de recette miracle à un problème bien plus difficile à résoudre que certains veulent le faire croire.

 

L’hébergement va de 35 € par jour pour les structures publiques des départements les moins onéreux à presque 200 € dans le plus cher des privés. Alors on voit mal l’Etat ou les conseils généraux aller au-delà de ce qui est déjà en place (aide sociale, APL ou AL).

 

La dépendance et les soins sont les parties essentielles prises en charge par les autorités (Assurance maladie, conseils généraux), les perspectives décrites ci-dessus nous amènent à envisager une augmentation inéluctable du ticket modérateur, plus qu’une prise en charge supplémentaire.

 

 

Aujourd’hui où trouver les moyens d’une véritable assistance ? En (toujours) bon raisonnement de père de famille, et sans être un économiste hors pair, voici ce que sont les pistes :

 

 

Une augmentation d’impôt ou un impôt nouveau créé spécialement ? très peu probable vu le niveau d’imposition actuel des Français, cela provoquerait plus de mécontents que de satisfaits

 

Financer par le déficit, on laisse glisser la note à régler aux générations futures ? Impossible à un moment où la France a l’obligation de le réduire et de maitriser sa colossale dette.

 

Arbitrer les ressources des différents prélèvements (la CSG par exemple) pour les octroyer à la dépendance ? Sûrement la piste la plus alléchante. Le problème est que ces montants sont déjà attribués à d’autres et lorsque l’on connait la mentalité des français, leurs réactions épidermiques à toute perte d’acquis, on souhaite bonne chance et bon courage à ceux qui voudraient s’en charger. Nous pensons que seul le retour à une bonne croissance (nous en sommes loin) permettrait d’attribuer enfin un budget plus conséquent au cinquième risque. Nous ne doutons pas non plus que de nombreux autres ministères lèveront alors la main pour que leur enveloppe soit aussi prise en considération, les besoins ne manquent pas (Police, justice, santé, culture, etc…).

 

Faire du maintien à domicile une priorité, afin d’offrir une solution alternative aux seuls EHPA et EHPAD c’est bien, mais comment ? En finançant par des réductions d’impôt des aménagements d’habitation souvent lourds pour des durées totalement incertaines. De plus, une fois sur le marché ces logements seront automatiquement dévalués, car n’intéressant qu’une faible catégorie de la population.

 

Peut être la mise en place de la « Silver économy » (accès sur la gérontechnologie) qui est une réussite au Japon sera-t-elle un recours, mais cela mettra du temps avant d’en voir les effets, si effet il y a, car créer de nouveaux EHPAD et y mettre du personnel à l’intérieur est aussi un mode économique.

 

Dernière solution et peut-être celle qui se rapprochera le plus de la réalité, ne rien faire du tout ou très peu. Continuer le système avec peut-être des avantages fiscaux sur des contrats spécifiques à la dépendance. A nos yeux maintenir les acquis n’est pas une régression mais déjà un bel effort, car l’augmentation régulière des personnes dépendantes est constante.

 

 

David Jacquet - Maison de Retraite Sélection, directeur et fondateur.

MDRS, 12 ans d'enquête de terrain

« Sans liberté de blâmer, il n'est pas d'éloge flatteur ». Au-delà de cette parabole de Beaumarchais, nous avons souhaité restituer le plus justement possible notre sentiment, tout en connaissant les contraintes des directeurs d'établissements. Notre jugement vaut essentiellement par notre vision et notre forte expertise du parc dans sa presque totalité.
David Jacquet - Directeur et fondateur de JTL et MDRS

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Reportage de l’émission La Quotidienne du 4 février 2014 sur France 5.

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